Ophélie Aeschlimann, Chargée de la sécurité
A découvrir
Ophélie Aeschlimann, Chargée de la sécurité chez A+A Désinfection, pilote depuis 2024 une montée en exigence continue de notre entreprise. Travaux en hauteur, produits chimiques, prévention incendie, formation du personnel : nous renforçons chaque aspect pour anticiper les normes, protéger les équipes et valoriser un professionnalisme que peu d’acteurs du secteur peuvent revendiquer.
La sécurité est-elle un axe central pour A+A Désinfection ?
Oui, absolument. La sécurité est inscrite dans l’ADN de notre entreprise. Nous avons toujours veillé au respect des normes, mais les risques évoluent et l’idée est de structurer davantage nos pratiques, d’anticiper toute évolution des exigences réglementaires.
Quels axes ont été priorisés dans cette démarche ?
Les travaux en hauteur ont été un sujet central. Nous avons voulu renforcer nos savoir-faire : formations spécifiques, surveillance du matériel, lignes de vie fixes, points d’ancrage sur balcons. Les interventions sans harnais sont simplement inenvisageables.
Comment avez-vous choisi le matériel ?
Tout le matériel a été renouvelé à neuf auprès d’un fournisseur reconnu : harnais, cordes, lignes de vie. Tout est homogène, contrôlé aux mêmes échéances, et les dates d’achat sont identifiées. Cela permet d’appliquer les contrôles prévus tous les 2 ou 5 ans de façon cohérente sur l’ensemble du stock.

Et la gestion des locaux et installations ?
Nous avons sécurisé l’étuve et le congélateur pour éviter tout enfermement, avec des sorties mécaniques faciles à utiliser. Les étagères industrielles ont été contrôlées : certaines piles de matériel formaient des accumulations inadéquates. Nous avons réorganisé et sécurisé ces zones. Concernant les pneus de nos véhicules, correspondant à une quinzaine de voitures, ils étaient jusqu’à présent stockés dans nos locaux. Nous avons décidé de les confier directement au garage afin de réduire le risque d’incendie.
Quels produits utilisez-vous ?
Nous privilégions l’utilisation de produits biologiques et en sommes les précurseurs à Genève, voire en Suisse romande. Ce choix permet de réduire l’usage de matières corrosives, inflammables ou explosives, contribuant ainsi à une prévention incendie simplifiée. L’absence de ces substances n’a pas rendu nécessaire l’installation d’armoires anti-feu, ce qui limite les risques tout en restant écologiquement responsables. Par ailleurs, l’utilisation de produits plus respectueux entraîne une diminution significative des problèmes cutanés et respiratoires, grâce à une exposition réduite aux substances corrosives.
Avez-vous été contrôlés par les autorités ?
Oui, SUVA, SCAV et OCIRT sont venus la même année. Ce n’était pas une surprise, et ces audits ont conforté nos choix. Pour nous, les contrôles constituent des leviers d’amélioration, jamais des sanctions.
Et la prévention incendie ?
Nous avons travaillé avec les propriétaires des bâtiments où nous sommes établis (CFF), qui ont installé sprinklers, portes de secours et barrières aux quais. Nous avons-nous-mêmes vérifié et sécurisé tous les points conformément aux normes.
Comment vos équipes ont-elles réagi à ces changements ?
Globalement, la réaction est très positive, notamment pour les travaux aériens. Pour des équipements plus accessoires, tels que les casquettes de protection contre le soleil, l’usage reste plus limité, même si les moyens sont mis à disposition. L’essentiel demeure toutefois la sécurité critique, pour laquelle la vigilance est totale.

Cela constitue-t-il une valeur ajoutée pour les clients ?
Oui, assurément. Nous voyons encore des interventions risquées chez certains de nos confrères : ouvriers sur balcons ou garde-corps en hauteur sans harnais ni chaussures de sécurité, ou régies confiant des produits chimiques à des concierges non formés, parfois importés illégalement dans le commerce local. Notre rigueur est un effort, certes, mais protège à la fois notre personnel et nos clients.
Comment formez-vous vos techniciens de terrain ?
Nos techniciens de terrain suivent en moyenne trois à quatre formations par an, couvrant l’entomologie, les premiers secours spécifiques, la gestion des risques propres au métier, ainsi que l’utilisation de tous types de produits. Nous bénéficions également de formations dispensées par les fournisseurs, afin de garantir une connaissance approfondie des produits, de leur utilisation, de leurs risques et de leurs bénéfices. Il ne s’agit pas d’un argument commercial, mais d’un impératif.
Un dernier mot sur votre politique de sécurité ?
La sécurité est notre responsabilité permanente. Elle protège les collaborateurs, les clients et l’image de l’entreprise. Et surtout, elle permet d’éviter des drames irréversibles, tout en affirmant notre professionnalisme, que nous considérons comme indispensable dans notre secteur.
