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14 septembre 2018

Patrick Michaud : « La prolifération des pigeons est souvent l’œuvre des hommes »

Dans le landerneau genevois, il est l’incontestable expert de la lutte contre la prolifération des volatiles. Et c’est avant tout parce qu’il ne leur veut pas de mal que Patrick Michaud nous révèle les erreurs qui conduisent à l’invasion croissante de nos villes par les oiseaux nicheurs. Interview sous le signe d’une mise en garde.

A+A : En quoi les hommes interviennent-ils dans la prolifération des oiseaux ?
P. M. Principalement le fait de les nourrir, ce qui produit des effets parfois catastrophiques. En situation normale, un pigeon fait une nichée par an ; avec un apport providentiel de nourriture, son potentiel de reproduction est multiplié par trois. Mais aussi, les bâtiments modernes, tout en hauteur, qui constituent des nichoirs parfaits pour ces animaux vivant ordinairement dans les falaises. Les déchetteries également, qui, lorsqu’elles sont proches des villes, attirent les corbeaux et les charognards.

Faudrait-il prendre en compte le problème dans les projets urbains ?
Chez A+A Désinfection, nous le pensons, car la menace est bien réelle.
Les oiseaux trouvent dans la proximité des hommes une source de nourriture et une profusion de lieux où se percher et nicher. Il serait utile de les limiter par la prise en compte de certains détails architecturaux, par exemple l’étanchéité des caissons de stores et la réduction en largeur des tablettes de fenêtre et de tout ce qui peut offrir un abri sédentaire aux oiseaux.

Quelles sont les conséquences de cette promiscuité avec les volatiles ?
Il est sanitaire, avec certaines affections (chlamidiose, salmonellose, cryptococcose, maladie de Newcastle, grippe aviaire) pouvant atteindre l’homme, y compris les parasites comme les tiques, puces, poux, acariens. Les contaminations ne sont pas fréquentes ; néanmoins, le risque existe, avec notamment l’inhalation des particules de fiente dans les lieux mal entretenus, dépôts, hangars, souterrains, immeubles vétustes.
Elles sont aussi citadines, avec la dégradation des bâtiments et des lieux publics. Les fientes d’oiseaux sentent mauvais, abiment la peinture des carrosseries et des façades, souillent les villes et créent un sentiment d’insalubrité.

Quelles sont les solutions envisageables pour endiguer le phénomène ?
Tout d’abord, il ne s’agit pas de tuer ces animaux — qui ne sont pas hostiles à l’homme —, mais d’en limiter la colonisation. Chaque type d’oiseau possède ses particularités. Je les ai étudiés dans le détail, par la recherche et surtout l’observation et c’est souvent par la création « d’obstacles » à leur confort et à leur mode de vie que je résous le problème.
Bien sûr, nous exploitons la palette de moyens traditionnels (filets, les pigeonniers avec œufs factices, solutions d’effarouchement, miroirs réfléchissants, etc.).

Que conseillez-vous en cas de colonisation ?
Tout d’abord, de ne rien faire par soi-même, surtout le nettoyage des zones avec de grands amas de fiente, qui peuvent s’avérer toxiques.
Ne jamais nourrir les oiseaux, car cela déséquilibre leurs habitudes de vie et accélère leur taux de reproduction.
Nous demander conseil sur les solutions, car tous les dispositifs ne sont pas efficaces. À chaque type de volatile correspond une solution, mais aussi à chaque bâtiment. Nous intervenons régulièrement sur des monuments classés, qui nécessitent une approche particulière, en collaboration avec les architectes et le service cantonal des monuments et des sites.

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